Réseaux Sociaux, Social Engineering, et Darknet : quels sont les risques pour les entreprises et comment les gérer ? – Genève 25.01.2018

En janvier 2016, la société française BRM mobilier a dû être mise en faillite après avoir été victime d’une “arnaque au Président” d’EUR 1,6 million. Les informations qui ont été utilisées pour attaquer cette société ont été basées sur une démarche de Social Engineering. 44 personnes ont perdu leur emploi.

Il est donc primordial de connaître les risques liés à une utilisation non maîtrisée des médias sociaux en entreprise, ainsi que la manière dont ses collaborateurs s’y expriment, ou ce qu’ils y publient. Ne serait-ce que pour éviter que vos concurrents ou des personnes mal intentionnées n’aient accès à des informations sensibles de votre organisation et ne portent atteinte à votre réputation. Dans le domaine des informations sensibles, le Darknet, peut représenter une source potentielle d’informations sensibles concernant les entreprises, leurs employés ou dirigeants. Il est important à ce titre de le prendre en compte, et de l’intégrer dans sa stratégie de réduction des cyber-risques. Il est aussi important d’intégrer les risques juridiques liés aux médias sociaux et à leur utilisation, et d’évaluer les outils et les méthodes pour pouvoir les anticiper, y compris au niveau du contrat de travail.

Jeudi 25 janvier, nous aurons le plaisir d’écouter Stéphane Koch, Vice-Président d’High-Tech Bridge, spécialiste en sécurité de l’information, qui donnera des exemples aussi bien d’ingénierie sociale que de politiques d’utilisation des médias sociaux.

Alberto De Pascali, Senior Information Security Professional, Swisscom, présentera l’importance de l’observation des activités dans le Darknet pour surveiller le “Digital Footprint” d’une entreprise et réduire les cyber-risques.

Un e-juriste devrait rejoindre le panel pour aborder les problèmes liés à la représentation professionnelle des employés d’une entreprise sur les réseaux sociaux, ainsi que le devoir de réserve.

Inscrivez-vous dès à présent sur Eventbrite

Entrée gratuite pour les membres de l’association Swissintell.org

Logo Swissintell.org

 

La participation à cet évènement pour les non-membres est de CHF 50.-, payable sur place, (déductible dans le cadre une adhésion annuelle de CHF 100 comprenant l’entrée aux 4 évènements annuels de l’association).

 

 

Merci de noter que l’événement aura lieu au Geneva Center for Security Policy.

Déroulement de la soirée

18h-18h30 : accueil

18H30-18h45 : nouvelles de l’association

18h45-19h05 : Stéphane Koch

19h05-19h25 : Alberto De Pascali

19h25-19h45: Un-e juriste

19h45-20h15: Débat-questions

20h15-21h:    Apéritif-réseautage

Source : Swissintell.org

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Publication in Le Temps : Le fédéralisme anti-fragile aux manipulations politiques

Publication in Le Temps : Le fédéralisme, meilleur antidote contre les manipulations politiques

Publication in Le Temps : Le fédéralisme, meilleur antidote contre les manipulations politiques

 

Une version revue et augmentée de cet article a été publiée dans la Nation N°2078.

Scientia potentia est

« L’information c’est le pouvoir ! » proclamait au XVIIe siècle Thomas Hobbes dans le Léviathan. Le fondateur et PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, l’a bien compris. Il songerait même à porter sa candidature à la Maison Blanche. Son accès privilégié aux données lui offre un avantage conséquent sur ses concurrents. Les réseaux sociaux jouent aujourd’hui un rôle essentiel dans la transmission de l’information et la formation – et désinformation – de l’opinion publique. L’analyse des Big Data (mégadonnées) permet de développer des communications d’influence ciblée. L’internaute se retrouve alors enfermé à son insu dans une bulle de filtres dont le contenu informationnel est personnalisé par des algorithmes sachant calculer ses préférences. Cette chambre d’écho médiatique conforte l’individu dans des idées constamment amplifiées, répétées et validées par ses semblables. Des psychologues spécialisés en neuro-marketing et en programmation neuro-linguistique ont prouvé qu’il est possible d’influencer des comportements au moyen du langage. Dans ce contexte, on comprend la généralisation du storytelling, méthode de communication fondée sur une structure narrative permettant d’augmenter l’attention d’une audience. Couplée à la mise en récit de faits alternatifs, cette technique peut permettre de forger des croyances et de renforcer des préjugés politiques.

Les données remplacent la science augurale

Le but de la propagande a toujours été de persuader un public-cible d’adopter un comportement prédéterminé. De nombreux politiciens cherchent à manipuler l’information pour se créer un avantage compétitif. Les lobbies (groupe d’intérêts) cherchent à promouvoir et défendre des intérêts privés en exerçant des influences sur des institutions détentrices de pouvoir. Les oracles de la Pythie tenaient une place importante dans l’organisation politique grecque. François Mitterrand consultait l’astrologue Élizabeth Teissier. Chez les Romains, l’avis des dieux était demandé par l’augure. La science des données remplace aujourd’hui la science augurale, mais le but poursuivi demeure le même : maintenir et accroître son pouvoir en anticipant l’avenir et en le façonnant grâce à une asymétrie d’information.

Un marketing politique sous stéroïdes…

En apparence, tout semble opposer Trump et Macron. Les présidents partagent pourtant le même narcissisme de winner et une ambition démesurée. Les deux ont fait fortune dans le monde des affaires – principalement grâce à leurs talents de séduction, de négociateurs et d’acteurs – avant de connaître une carrière politique fulgurante. Les deux ambitionnent de diriger leur pays comme une société anonyme. En outre, les deux assument un certain vide idéologique ; ils n’ont pas de programmes précis, préférant adapter leurs discours en fonction des sondages et des buzz. Sans convictions profondes mais très habiles en communication, Trump et Macron sont de parfaits clients pour les sociétés privées de communication stratégique.[1] Ces dernières ont réussi en quelques mois, grâce à un marketing politique sophistiqué, à construire une notoriété mondiale au deux candidats, leur permettant ensuite d’accéder à la fonction suprême.

…au service du « smart power »

Les techniques d’astroturfing enseignées dans les écoles de science politique apprennent à simuler un mouvement citoyen pour donner l’impression d’un comportement spontané ou d’une opinion publique dominante. Les techniques d’agitprop sont enseignées lors de TechCamps organisés par les fondations et ambassades américaines dans les pays que les Etats-Unis souhaitent influencer par des révolutions colorées. En Russie, des web-brigades coordonnées par le Kremlin défendent les intérêts nationaux dans le cyberespace. Le pays a récemment confirmé la création d’une entité spécialisée dans la contre-propagande, le piratage informatique et la diffusion de fausses nouvelles. Inspirée par le chef d’état-major de l’armée russe, Valery Gerasimov, cette doctrine a permis la prise de la Crimée en 2014 sans effusion de sang et à la faveur d’une désinformation massive. La guerre de l’information tend à devenir le centre de gravité des conflits contemporains. Dans ce contexte, une victoire sans combat devient possible comme l’avait déjà théorisé le général et stratège chinois Sun Tzu au VIe siècle av. J.-C.

La face sombre de la numérisation

Les phénomènes révolutionnaires ont toujours une face sombre. La révolution numérique n’échappe pas à cette règle. Le vote électronique – même ultra-sécurisé – laissera toujours planer un doute sur l’issue réelle d’un scrutin. Des fichiers comportant de nombreuses informations privées (religion, origine ethnique, orientation politique, etc.) sur la quasi-totalité des électeurs américains ont été récemment publiés sur Internet. Ces fichiers ont été constitué par une société de communication stratégique pour établir des probabilités que les électeurs soutiennent certaines idées politiques. Ces données permettent ensuite d’exploiter des techniques avancées d’ingénierie sociale, visant à modifier à grande échelle certains comportements de groupes sociaux prédéterminés. Dans cette affaire, il s’agissait d’achever de convaincre des électeurs susceptibles de voter Trump, de capter les électeurs indécis et de démobiliser les électeurs de Clinton.

Le règne de la quantité et du paraître

Ces nouveaux outils font la joie des publicitaires, communicants, spin doctors, et autres spécialistes en relations publiques et communication politique. En préférant l’image au discours et l’émotion à la raison, notre époque offre des conditions particulièrement favorables au déploiement de ces outils. Ce phénomène est encore renforcé par une méfiance croissante – souvent justifiée – envers les médias traditionnels. Un problème inhérent à la démocratie est la légitimation des choix par des critères quantitatifs. Des recherches en psychologie sociale indiquent que des majorités peuvent se former sur des critères pertinents, comme le physique. Ainsi, un candidat de grande taille, aux mâchoires carrées et à la voix de baryton aura plus de chances d’être élu. Ces critères superficiels conditionnent les préférences politiques et tendent à réduire le vote à un acte d’achat. L’argumentation logique (le logos) devient alors tout à fait secondaire : des arguments honnêtes et factuels ne convaincront qu’une infime minorité réellement intéressée par le débat politique.

Petit pays, petits soucis

L’utilisation des données personnelles à des fins politiques se développe aussi dans notre pays. La cinquième conférence nationale sur le fédéralisme[2] se tiendra les 26 et 27 octobre à Montreux. Une bonne occasion pour examiner comment le fédéralisme permet de résister à ces manipulations politiques contemporaines. En réalité, la Suisse offre peu d’emprise aux manipulations informationnelles de l’ère « post-vérité », où les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles. Pour bien fonctionner, la propagande moderne a besoin d’un large bassin d’électeurs socialement et culturellement homogènes. La diversité culturelle et linguistique des Cantons est un obstacle au déploiement de manipulations centralisées. Celles-ci sont plus difficiles à mettre en place dans un système politique décentralisé, permettant une proximité organique entre l’électeur qui connaît (même de loin) le candidat pour lequel il vote.

Le Parlement ? Il y a une application pour ça !

Cette conférence permettra également de « repenser » le fédéralisme à l’heure de la numérisation. Dans ce domaine, les dernières tendances sont à la décentralisation avec des technologies comme la blockchain (chaîne de blocs). Il s’agit d’une base de données distribuée, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. L’Etat de Genève a récemment annoncé l’introduction de cette technologie pour optimiser la gestion de son registre du commerce. Sur le plan conceptuel, la blockchain va au fédéralisme comme un gant bien fait à une belle main. La Suisse n’est aujourd’hui qu’une démocratie semi-directe. A long terme, la blockchain pourrait permettre aux citoyens d’exercer directement le pouvoir, sans l’intermédiaire de représentants qui poursuivent souvent leurs propres intérêts.[3] Cette Landsgemeinde numérique matérialiserait ainsi un récit fondateur de la Confédération : gouverner sans intermédiaire à travers une véritable démocratie directe. Cette perspective archéofuturiste[4] n’est aujourd’hui que de la science-fiction. Elle démontre toutefois que la centralisation n’est probablement pas une idée d’avenir. A l’image du micro-processeur, un Etat peut aujourd’hui se miniaturiser tout en augmentant sa puissance (lois de Moore). Les micro-Etats souverains (Singapour, Monaco, le Vatican, etc.) sont souvent mieux gérés, plus sûres, et plus prospères que les grands Etats centralisateurs.

L’œil était dans la tombe et regardait Caïn

Grand théoricien des systèmes de vote, le Marquis de Condorcet avait déjà pressenti que la démocratie fonctionnait mieux à petite échelle.[5] Une démocratie de proximité permet notamment un plus grand contrôle social. Le parachutage politique est quasiment impossible en Suisse. Pour être élu dans un système politique de milice, un candidat doit être enraciné dans sa région et disposé d’un réseau associatif ou économique. Une fois élu, il demeure confronté à ses électeurs qu’il croise dans la rue en allant siéger. Il faut toujours un œil ; soit il est dans la tombe et regarde Caïn, soit ce regard est exercé par la communauté politique qui rappelle constamment le politicien de milice à sa conscience politique. De surcroît, il est plus difficile de tricher dans de petites circonscriptions électorales. Les fraudes électorales des dernières élections cantonales valaisannes ont été dénoncés rapidement suite à un autocontrôle inhérent aux petites communautés politiques.

Grandes élections, grandes manipulations

L’ingérence de puissances étrangères dans les grandes élections se généralise. Heureusement, notre pays ne pratique que de « petites élections » populaires à l’échelon cantonal et communal. Le pouvoir de notre exécutif fédéral est relativement faible en comparaison internationale. L’élection d’un conseiller fédéral par l’Assemblée fédérale n’est pas un enjeu politique comparable aux élections présidentielles américaines ou françaises. Pour être rentable, la propagande moderne doit être déployée lors de grandes campagnes centralisées. Les grandes élections favorisent donc les grandes manipulations. Le rattachement de Moutier au Canton du Jura représente un enjeu important pour la population locale, mais n’a que peu d’intérêt d’un point de vue mondial. On imagine mal la Russie faire de l’ingérence dans la question jurassienne.

Le système fédéraliste est anti-fragile

La théorie du cygne noir du philosophe et mathématicien Nassim Taleb définit l’anti-fragilité[6] par la capacité non pas à résister à un choc mais à en profiter. Ce qui est résistant supporte les crises et reste identique ; ce qui est anti-fragile s’améliore. Cette qualité est propre à tout ce qui est modifié sur la longue durée, à l’instar de notre système politique. Taleb en conclut que la Suisse est le pays le plus anti-fragile du monde. Notre modèle politique pyramidal – bottom-up – du citoyen vers l’État, en est la raison principale. Le fédéralisme permet de compartimenter le pouvoir – et ses éventuels débordements – dans des « poches étanches ». À l’image d’un navire, ces compartiments permettent d’empêcher la propagation des voies d’eau à l’entier du bâtiment. Cette répartition du pouvoir agit comme un coupe-feu contre les crises systémiques et le romantisme des utopies. Par analogie, on peut affirmer que les manipulations fonctionnent moins bien dans un système décentralisé de milice avec de nombreuses votations et des petites circonscriptions électorales. Le système fédéraliste suisse est anti-fragile à la propagande, car il la rend inopérante. Il est un puissant rempart contre les grandes manipulations politiques et doit donc être renforcé.

Notes

[1] La plus célèbre de ces sociétés est Cambridge Analytica. Elle a élaboré un système de « modèles psychographiques » capable de cibler et d’orienter les votants grâce au Big Data. Financée par le milliardaire Robert Mercer, cette société a joué un rôle clé dans l’élection de Trump et le Brexit. Elle fait actuellement l’objet d’enquêtes visant à déterminer l’ampleur de son influence dans ces deux campagnes.

[2] Les inscriptions sont ouvertes : https://www.federalisme2017.ch/inscriptions.html

[3] Dans le milieu informatique, on parle couramment de démocratie liquide lorsque le pouvoir de vote est confié à un délégué plutôt qu’à un représentant. Ce système vise à faire une synthèse entre la démocratie directe et la démocratie représentative, afin de réduire le problème du principal-agent. Ce problème apparaît lorsque l’action d’un acteur – le principal – dépend de l’action ou de la nature d’un autre acteur – l’agent – sur lequel le principal est imparfaitement informé.

[4] L’archéofuturisme est un courant de pensée qui vise à synthétiser les vertus antiques avec la technoscience.

[5] Dans son Essai sur l’application de l’analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix paru en 1785, de Condorcet développe un système de vote qui suit le principe démocratique le plus naturel possible, à savoir que si une alternative est préférée à tout autre par une majorité, alors cette alternative doit être élue. La méthode de Condorcet est aussi utilisée pour l’exploration des données ou dans les petites communautés du logiciel libre.

[6] Dans sa monographie Antifragile : Things That Gain from Disorder parue en 2012 Taleb explique que ce concept est basé sur l’hormesis, le processus par lequel l’apport d’une faible quantité d’une mauvaise substance profite à l’organisme.

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Tribune libre Kilian Cuche : Make Data Great Again

Chaque jour, vous et moi produisons des données numériques d’une manière exponentielle. Énormément de données ! Elles proviennent d’Internet, des smartphones, des objets connectés, des réseaux sociaux et bien plus encore. Ces données sont si importantes que de nombreux experts les définissent comme le pétrole du XXIème siècle. Pour vous donner un ordre de grandeur de cette masse de donnée considérable, voici ce qui se passait sur pour l’année 2017 : 156 millions d’emails envoyés, 452’000 tweets, 3.5 millions de recherches Google, 900’000 connexions à Facebook, 46’200 images sur Instagram… bienvenue dans le monde du Big Data.

InternetInOneMinute2017

Concrètement, c’est quoi le Big Data ?

Le Big Data, ce sont des données très volumineuses et hétérogènes (non structurées) : texte, images, sons ou vidéos, provenant d’une multitude de sources. On définit souvent le Big Data avec la règle des 4V :

  • Volume: la masse énorme de données produites
  • Variété: la diversité des données
  • Vélocité: la rapidité à laquelle les données sont générées
  • Véracité: l’authenticité des données

Certains rajoutent un 5ème V qui serait la Valeur que nous pouvons tirer de ces données, informationnelle ou monétaire.

Et avec tout ça, on fait quoi ?

Le but de ces données, c’est de pouvoir les capter, les stocker et les traiter pour en tirer des conclusions, des analyses ou des prédictions. Par exemple, en 2009, Google a mis au point Google Flu, un algorithme pour prévoir la diffusion de la grippe grâce aux mots-clés saisis dans son moteur de recherche.

En Suisse, Swisscom mène des analyses sur la mobilité en se basant sur les données issues du réseau des téléphones mobiles afin de déterminer les passages critiques ainsi que l’utilisation du réseau routier.

Aux USA, certaines villes prévoient la criminalité en fonction d’une multitude de données  afin d’allouer les ressources policières aux bons endroits.

Vers des campagnes politiques 2.0 

On utilise aussi le Big Data en politique pour connaître les préoccupations des citoyens et cibler les campagnes. Barack Obama était le précurseur de ces méthodes, en 2008, il a utilisé le Big Data pour cibler ses campagnes de demandes de dons et analyser les demandes des électeurs indécis. Plus récemment, la campagne du Brexit ainsi que Donald Trump ont fait appel à des spécialistes du Big Data pour améliorer leurs campagnes. Emmanuel Macron a également eu recours aux techniques du Big Data lors de l’élection présidentielle française.

Vos données valent de l’or !

Le Big Data analytics est également utilisé dans le marketing dans le même but qu’en politique. Il s’agit de mieux profiler le consommateur pour cibler les promotions ou les placements de produits dans les magasins. Il s’agit également d’améliorer les produits et de faciliter l’acte d’achat grâce au neuromarketing. Le Big Data permet également d’optimiser la logistique et la gestion de stock à flux tendu. Migros et Coop – pour ne citer que les plus connus – encouragent leurs consommateurs à utiliser une carte qui collecte leurs données sur leurs achats, afin de procéder à ce genre d’analyse.

Les assurances s’intéressent également au Big Data. Vous avez certainement entendu parler des baisses de primes en échange de données. Les assurances maladies proposent des bracelets connectés qui transmettent vos données médicales et physiques. D’autres assureurs proposent des logiciels pour les voitures qui enregistrent et analyse votre manière de conduire afin de vous récompenser si vous êtes un bon conducteur. Il s’agit ici de faire de la discrimination des prix afin de pouvoir personnaliser la mutualisation des risques.

Quel futur pour le Big Data ?

Les nouvelles applications du Big Data sont nombreuses mais la plus prometteuse et le lien fait avec le Deep Learning et l’Intelligence Artificielle (IA). Pour faire simple, des algorithmes capables d’apprendre et de « réfléchir » avec la masse de données à disposition. Le plus connu est le programme Watson d’IBM qui s’applique par exemple dans la santé ou le juridique en tant que conseiller, capable d’analyser des millions de situations et de proposer un diagnostic.

On parle également de 4ème révolution industrielle lorsque l’on applique les principes du Big Data couplés aux objets connectés et à l’intelligence artificielle pour améliorer les chaînes de productions dans des usines « intelligentes ».

Mais en quoi le Big Data peut-il être dangereux pour moi ?

Le problème majeur du Big Data est l’utilisation de données personnelles. Malgré tous les bons usages possibles, il y a un revers de la médaille : la protection de la vie privée. L’adage populaire « si c’est gratuit, c’est vous le produit » se vérifie donc. En effet, vos données valent de l’or pour les entreprises et certaines ne se gênent pas de les utiliser à votre insu.

Mais du coup, on peut faire quoi ?

Lisez-bien les conditions d’utilisation et prenez du temps à régler vos paramètres de confidentialité pour améliorer l’utilisation qui est faite de vos données. Reprenez le contrôle de vos données, sachez que le cloud n’est pas un nuage mais simplement l’ordinateur de quelqu’un d’autre ! Privilégiez les solutions nationales afin que vos données soient stockées en Suisse et non pas dans un serveur inconnu aux USA.

Ceux qui possèdent les données ont le pouvoir, c’est pourquoi il faut que la Suisse prenne en main sa souveraineté numérique et propose des solutions informatiques basées en Suisse et se détache des GAFA (Google – Apple – Facebook – Amazon).

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Publication Cybersecurity Trends – Conférence CLUSIS Intelligence Economique

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Conférence Clusis Intelligence EconomiqueConférence Clusis Intelligence EconomiqueConférence Clusis Intelligence EconomiqueConférence Clusis Intelligence Economique

Source : CLUSIS

Source : cybersecuritytrends.ro

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Publication in Defence and Peace Economics : The Persistent Deficit of Militia Officers in the Swiss Armed Forces: An Opportunity Cost Explanation

The Swiss Armed Forces are suffering from a structural deficit of militia officers despite good pay and a general supportive attitude in the population. Whereas, prior studies have focused on motivation to explain understaffing in armed forces, we offer an alternative approach based on opportunity cost. We model decision alternatives both within and outside a military organization, taking private sector employment as the reference point. We then monetize opportunity costs of leisure, fringe benefits, and private sector income not compensated. Our results suggest that in terms of opportunity cost, service as a militia officer is the least attractive option, an effect that we believe explains the persistent staff deficit. Implications of these findings for the literature and recruitment policy are discussed.

The Persistent Deficit of Militia Officers in the Swiss Armed Forces: An Opportunity Cost Explanation

Aggregated opportunity cost

Source : Taylor & Francis Online

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La Suisse est démunie contre l’obsolescence programmée

Le monstre de l’obsolescence programmée

Un ingénieur anonyme qui découvre qu’une multinationale dégrade volontairement les performances de ses appareils, vendus à des dizaines de millions d’exemplaires par an sur la planète. L’image est parfaite : impossible de trouver un cas d’obsolescence programmée plus flagrant. D’autant que le fabricant – Apple – admet ses torts. L’affaire de ces derniers jours permet à la colère contre ces fabricants qui limitent la durée de vie de leur produit d’atteindre un point culminant.

Mais l’histoire n’est pas si simple. Si cette colère est légitime, elle est en réalité le fruit d’un mélange complexe de responsabilités. Prenons l’affaire des iPhone ralentis. Apple clame que c’est pour le bien des consommateurs, car ce ralentissement des performances permet d’allonger la durée de vie de la batterie. L’argument est terriblement alambiqué. Mais il a tout de même une once de crédibilité. Il sera extrêmement difficile pour la justice française – qui vient de se saisir de ce cas – d’établir la vérité. Sauf si un collaborateur d’Apple vend la mèche ces prochains mois ou années, ce seront toujours deux versions de l’histoire qui s’affronteront.

Source : Le Temps

La Suisse et l’obsolescence programmée

En Suisse, comment les consommateurs peuvent-ils se défendre? «Les Français ont la chance d’avoir, depuis 2015, une loi interdisant l’obsolescence programmée. Hélas, rien de tout cela n’existe en Suisse. Nous avions fait pression, avec d’autres associations de défense des consommateurs, pour que le Conseil fédéral légifère à ce sujet. Mais il a jusqu’à présent préféré ne rien faire, arguant qu’il était de toute façon très difficile de définir la durée de vie d’un objet», regrette Sophie Michaud Gigon, secrétaire générale de la Fédération romande des consommateurs (FRC).

En se basant sur la loi contre la concurrence déloyale, la FRC a la qualité pour déposer plainte. Mais dans l’affaire Apple, il y a encore des paramètres à analyser. «Le fait qu’il n’y ait pas d’antenne de la société en Suisse complique notre action. Nous avons sollicité notre partenaire européen, le Bureau européen des unions de consommateurs, pour savoir ce qui peut être entrepris à plus large échelle», indique Sophie Michaud Gigon.

Source : Le Temps

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Géopolitis – Géants du Net, quel contrôle ?

Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft, ces géants ont profondément transformé l’économie mondiale. Les Etats peuvent-ils reprendre le contrôle sur ces empires désormais accusés de pervertir les démocraties ?

“La frontière entre le vrai et le faux, le réel et l’imaginaire va s’affaiblir de plus en plus”, analyse Jacques Attali, invité de Géopolitis. L’économiste et écrivain français évoque les dérives sur ce qu’il nomme “le septième continent”, ce continent numérique peu à peu colonisé par des géants d’internet. Les plus connus, les GAFAM américains, qui forment l’acronyme de Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft, “ont fabriqué des logiciels qui leur échappent”, dit-il. “Il est déjà possible de diffuser sur les réseaux sociaux des faux discours du président américain, où l’on voit ses lèvres bouger et dire des choses qu’il n’a pas dites.”

Une manière de contrôler ces empires numériques pour les Etats, c’est la lutte contre l’optimisation fiscale et la concurrence déloyale. L’Union européenne voudrait ainsi contraindre les géants du net à payer des impôts là où ils réalisent leurs affaires et éviter que leurs bénéfices ne soient systématiquement transférés vers l’Irlande, le Luxembourg ou d’autres paradis fiscaux. En juin dernier, la commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager a même infligé à Google une amende record de 2,42 milliards de dollars pour abus de position dominante.

Mais Google ou Facebook domineront-ils encore le continent numérique en 2030? “Le plus vraisemblable est que certains d’entre eux seront remplacés par d’autres. On peut imaginer un scénario dans lequel les gens n’ont plus envie d’aller sur Facebook parce qu’ils n’ont simplement plus envie de tout faire connaître d’eux-mêmes”.

Source et lien vers l’émission : Geopolitis

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La réglementation en augmentation freine le développement des MedTechs

L’augmentation des exigences, couplée à la réduction du nombre d’organismes d’évaluation, crée des goulots d’étranglement. «En Europe, les processus d’approbation sont très lents, plus qu’aux Etats-Unis. Or, dans les nouvelles technologies, notamment dans les applications dédiées à la santé, tout va très vite», constate Raoul Scherwitzl, un physicien issu du CERN, cofondateur de la société Natural Cycles qui a choisi d’installer son entreprise de 50 personnes en Suède. Celle-ci développe une application sur smartphone qui permet de déceler chez une femme ses jours de fertilité en fonction de sa température dans le but de remplacer la contraception hormonale.

«Le réglementaire a constamment un temps de retard. En outre, il devient difficile d’avoir des réponses claires et sûres des organismes notifiés, ce qui crée de l’incertitude. Certaines entreprises n’hésitent plus à considérer d’autres marchés pour commercialiser en premier leur produit, par exemple les Etats-Unis où le marché est certes très réglementé mais avec moins d’incertitudes», constate Kim Rochat. Il souhaiterait que la Suisse mette en place un bureau de soutien à l’innovation au sein de Swissmedic. Celui-ci pourrait mieux informer et soutenir les entreprises quant à l’applicabilité et l’interprétation des exigences relatives à la mise sur le marché de leur produit.

Source : Le Temps

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Temps Présent – Les djihadistes suisses sont parmi nous

La Suisse risque-t-elle un attentat terroriste ? La réponse est oui, très clairement. Le niveau de la menace est élevé même si le service de renseignement ne donne pas d’échelle de valeur. Mais tous les signaux sont au rouge: 600 personnes , susceptibles d’avoir des liens avec l’organisation Etat Islamique, sont dans le collimateur du service de renseignement. L’état de la radicalisation en Suisse est alarmant: 22 jeunes Helvètes sont déjà morts au nom de l’Etat Islamique.

Un jeune d’Yverdon arrêté en France est soupçonné de participer à une préparation d’attentat, ce n’est pas le premier, il y en aura d’autres. Après l’affaire de plusieurs imams peu scrupuleux, l’univers des mosquées est en ébullition, Winterthur, Genève, Bienne, c’est toute la suisse qui est touchée. Les inculpations se multiplient pour apologie du terrorisme ou appel au meurtre. Le service de renseignement est sur les dents, il surveille sur notre territoire 600 personnes susceptibles d’avoir des liens avec une organisation terroriste, dont 88 font l’objet d’une inculpation.

Temps Présent dresse un état des lieux qui fait froid dans le dos. Le pays est amené à prendre davantage de mesures. Après les mesures sécuritaires de la Task Force fédérale, l’heure est à la prévention. La sécurité nationale vient de présenter son plan d’action. Il s’agit d’intervenir au cœur de nos quartiers avant qu’il ne soit trop tard. Sans tomber dans la paranoïa, la peur d’un attentat en Suisse, de type low cost, fait dire aux experts qu’il ne s’agit plus de savoir s’il arrivera, mais quand ?

Source et lien vers l’émission : RTS

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Vers une initiative pour mieux protéger les données personnelles des Suisses

Nombre d’entreprises utilisent nos données pour établir des profils détaillés, mais seuls nous pouvons faire le lien entre toutes les informations. Une position dont nous devrions pouvoir profiter selon le professeur Ernst Hafen. Il veut lancer une initiative dans ce sens.

Le professeur Hafen et d’autres experts critiquent le fait que le Conseil fédéral ait ainsi choisi la voie de la moindre résistance. Tout ce qui aurait pu donner plus de pouvoir aux citoyens a été laissé de côté. La Suisse renonce ainsi aussi à de possibles avantages concurrentiels, étant donné que depuis fin mai l’Union européenne autorise la réutilisation des données.

Ernst Hafen va encore plus loin: il veut ancrer le «droit à une copie» dans la Constitution avec une initiative populaire. Pour lui, il s’agit d’un droit humain. De plus, la Suisse pourrait jouer un rôle important dans le développement d’une nouvelle économie des données et des services correspondants.

Selon Ernst Hafen, le but serait une société dans laquelle les gens disposeraient eux-mêmes des ressources, à savoir leurs données personnelles, et pourraient aussi en profiter. Ils obtiendraient non seulement une voix politique mais aussi économique et disposeraient ainsi d’un «incroyable pouvoir».

Source : 24 Heures

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