La LRens, pour réduire le vide stratégique numérique

https://www.letemps.ch/opinions/2016/09/21/lrens-reduire-vide-strategique-numerique

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La nouvelle loi sur le renseignement (LRens) permet d’accroître notre souveraineté dans le domaine du renseignement. Une première étape – insuffisante mais nécessaire – pour combler le vide stratégique numérique suisse, expliquent Dimitri Percia David et Alain Mermoud de l’académie militaire à l’EPFZ.

La notion de souveraineté, comprise comme le droit exclusif à exercer le pouvoir, se décline désormais au-delà du champ strictement politique. Le numérique transcende tous les aspects de notre société. Il transforme la sûreté des données des citoyens, la sécurité des infrastructures critiques, ainsi que l’autonomie des moyens numériques en enjeux incontournables de notre société de l’information encore émergente. Les gouvernements ainsi que la société civile commencent à saisir l’ampleur du problème, projetant sur le cyberespace les tendances souverainistes qui ont le vent en poupe.

La fragilité de notre monde en réseau, nouveau risque systémique

Notre dépendance aux technologies de l’information et de la communication (TIC) se développe de manière exponentielle. Colonne vertébrale de notre économie, les TIC sont devenues à la fois la structure sur laquelle tous biens et services s’appuient, et le vecteur de prospérité des économies développées.

Pourtant, les enjeux et la sécurité des TIC ne semblent toujours pas être une priorité, éludant ainsi que l’interconnexion des réseaux implique également l’interconnexion des risques. La fragilité de notre monde en réseau est le nouveau risque systémique. Dans ce contexte, le manque d’emprise sur les TIC accélère l’érosion de la souveraineté nationale, qui n’est désormais plus envisageable sans souveraineté numérique.

La suprématie numérique américaine n’est pas un hasard

Les Etats-Unis ont compris depuis les années Clinton que dans une économie de la connaissance, l’information est ce que le pétrole fut à̀ la société industrielle: le principal carburant et relais de la croissance. La suprématie numérique américaine s’est construite sur plusieurs décennies autour d’un partenariat public-privé efficace.

Cette stratégie vise à̀ allier les intérêts économiques, les écosystèmes entrepreneuriaux de la Silicon Valley, les besoins des services de renseignement, et les intérêts militaro-stratégiques. N’oublions pas que l’Internet a une origine militaire (réseau ARPANET). Le développement entre l’Internet et la défense de la souveraineté est donc un atavisme. Les révélations Snowden n’ont fait que confirmer l’importance du pouvoir de l’information pour la sécurité nationale. «L’information, c’est le pouvoir!» écrivait Thomas Hobbes dans le Léviathan au XVIIe siècle déjà.

La Confédération n’a pas assez conscience des enjeux numériques

Le secteur public et la sphère politique continuent à sous-estimer les opportunités et les risques liés à la société de l’information. Berne a certes adopté en avril dernier une stratégie «Suisse numérique» fixant des idées cohérentes, sans toutefois y allouer le budget nécessaire.

Depuis 2010, les cyber attaques n’ont cessé de se multiplier contre les intérêts nationaux, qu’ils soient politiques, économiques ou militaro-stratégiques. Bien que la Stratégie nationale de protection contre les cyber-risques (SNPC) prévoie plusieurs mesures visant à gérer les cyber-risques, l’ampleur et la fréquence des cas de cyber attaques observées depuis remettent en cause son efficacité.

«Un fromage percé de trous»

L’Hebdo du 16 juin résumait bien la situation: «la stratégie de cyber défense suisse n’est qu’un fromage percé de trous, une ligne Maginot numérique aussi inefficace et mal conçue que les casemates de Verdun en leur temps».

La récente cyber attaque contre RUAG est un cas d’école qui démontre l’importance du renseignement et de l’échange d’information pour détecter et prévenir les cyber risques. Dans cette affaire, le manque de moyens de nos services de renseignements a heureusement (!) été compensé par les services de renseignement allemands. Ils ont informé la Confédération que l’une de ses entreprises stratégiques faisait l’objet d’une cyber attaque depuis plus d’une année. Cette dépendance au renseignement étranger est problématique, car elle expose aux pressions et aux manipulations, voire à la déception.

La LRens est nécessaire pour réduire notre vide stratégique numérique

Cette dépendance pose surtout la question de la contrepartie réclamée en échange d’une information aussi stratégique. La Suisse doit augmenter son autonomie en produisant son propre renseignement afin de se donner les moyens de vérifier et d’améliorer les informations reçues. En limitant sa dépendance, la Confédération aurait également une monnaie d’échange informationnelle renforçant sa crédibilité sur le marché international du renseignement.

L’exemple américain démontre qu’une stratégie de maintien ou d’accroissement de puissance passe aujourd’hui obligatoirement par la maîtrise des systèmes d’information et de leurs services. Toutes proportions gardées, la Suisse doit absolument se doter d’une véritable stratégie numérique et d’un partenariat public-privé efficace.

Seule une approche holistique de la souveraineté numérique – respectant le fédéralisme et le contexte helvétique – permettra de combler ce vide stratégique numérique. Un agenda numérique bien conçu pourrait même permettre l’émergence d’un Etat stratège capable de détecter les risques et les opportunités d’une manière proactive.

Chaque peuple doit pouvoir maîtriser son avenir numérique

En attendant un premier traité régissant les cyber conflits, rappelons que le droit à l’autodétermination est un principe déjà reconnu par le droit international. Chaque peuple doit pouvoir maîtriser son avenir numérique. Heureusement, la défense de la souveraineté transcende aujourd’hui les clivages politiques.

La LRens permet d’accroître notre souveraineté et de réduire la distance grandissante entre les temporalités juridique et technologique. Cette loi est un pas en direction d’une souveraineté numérique, désormais indissociable de la souveraineté nationale. La LRens apportera une bouffée d’air frais et des nouvelles ressources au Service de renseignement de la confédération (SRC). C’est une première étape – insuffisante mais nécessaire – vers une souveraineté dans le domaine du renseignement. Nous recommandons de voter oui le 25 septembre.


Dimitri Percia David et Alain Mermoud sont collaborateurs scientifiques à l’académie militaire de l’EPFZ.

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Document leak at DCNS: “We are in economic warfare” – Interview with Christian Harbulot & Alain Mermoud

The French manufacturer DCNS submarine has been the victim of a massive leak of confidential documents, just weeks after landing a record contract worth more

For Switzerland Alain Mermoud, security expert and member of the Helvetic army, “it’s not the volume of documents that have leaked that counts, but the timing. There was jealousy on the sale of submarines and given the level of security in weapons, humans are often the weakest link. ” For this specialist in economic intelligence, do not necessarily see a state to attack state, “it may also be the fact that lobbyists who sail in the area. In these contracts, there are many intermediate “.

Still, the damage is done. Engaged in a virtuous circle with the sale of the Rafale , the Mistral and submarines, the French armament certainly ate his white bread. “It’s a huge blow,” says even an industry observer. For DCNS, these revelations do not signify the end of the “contract of the century” but should disrupt exclusive negotiations taking place between the two countries until the next winter on the terms of the transaction.

“Either we review the price, or are negotiated in more units, Australia demand compensation as more technology transfers. In any case, the French position will be weakened in future negotiations. This was probably the final effect sought by these coordinates leaks in time and space, “summarizes the Swiss Alain Mermoud. France has indeed been struck on the financial field. “We are in the economic war, everyone knows it,” laments a source at DCNS.

Source: Document leak at DCNS: “We are in economic warfare” | The Stopru

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Loi fédérale sur le renseignement : Votation du 25.09.2016 – Votez OUI !

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Interview pour l’express.fr sur l’affaire DCNS avec Christian Harbulot et Alain Mermoud

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/oceanie/fuite-de-documents-chez-dcns-nous-sommes-en-guerre-economique_1824233.html

Le fabricant français de sous-marins DCNS vient d’être victime d’une fuite massive de documents confidentiels, quelques semaines à peine après avoir décrocher un contrat record de plus de 34 milliards d’euros en Australie.

Comment torpiller des années de travail? Mardi après-midi, le journal The Australian publiait des documents exclusifs appartenant à l’entreprise de Défense française DCNS. En tout, une vingtaine de fichiers, plans et fiches techniques sur les 22 400 pages que le quotidien australien affirme avoir consultées. Des éléments stratégiques qui détaillent notamment les capacités de combat, de navigation et de communication des sous-marins Scorpène conçus par le groupe français pour la marine indienne.

Une fuite massive qui intervient quelques mois à peine après l’accord de principe signé entre la France et l’Australie pour la vente de 12 sous-marins nouvelle génération, des Barracuda, pour un montant historique de 34 milliards d’euros. Le “contrat du siècle” qui scellait une relation stratégique entre les deux pays pour les 50 prochaines années, au nez et à la barbe des Allemands de TKMS, mais surtout du consortium japonais formé par deux filiales spécialisées des géants Mitshubishi et Kawasaki, longtemps présentés comme les favoris pour l’obtention du marché.

Il faut croire que ce contrat a fait des envieux. “Des documents comme ça ont une valeur importante, explique à L’Express un analyste en intelligence économique qui préfère garder l’anonymat. Même si dans l’armement les concurrents sont toujours bien informés, il peut y avoir un détail qui fait gagner des mois de travail. Ça n’a pas de prix”.

En effet, quand bien même les modèles de sous-marins concernés par la fuite ne sont pas ceux qui doivent être achetés par l’Australie, ce que n’a pas manqué de rappeler le Premier ministre Malcolm Turnbull, la fuite de ces documents est un coup porté à la crédibilité de la France. D’après les premiers éléments révélés par la presse australienne, ces documents pourraient avoir transité par des sociétés du sud-est asiatique avant d’être finalement envoyés à une entreprise en Australie. Des données qui, toujours selon The Australian, auraient pu avoir été transportées hors de France en 2011 par un ancien officier de la marine française qui, à l’époque, était sous-traitant de DCNS.

Contactée, l’entreprise explique qu'”une enquête est ouverte pour trouver les responsables des fuites et définir le degré de sensibilité des documents”. “Nous ne sommes pas dans du critique”, démine auprès de L’Express une source proche du dossier, bien que la surprise ait été totale chez DCNS puisque selon nos informations, l’entreprise n’a été informée que la veille de la publication de l’article, soit lundi.

Comment ces documents ont-ils pu sortir des murs de DCNS? “En matière de guerre économique, il peut y avoir plusieurs sources de fuite. Cela peut-être une cyber-attaque classique, une action de social-engineering [quand une personne abuse des failles humaines d’une cible, NDLR] ou une fuite humaine directement, explique à L’Express Christian Harbulot, directeur de l’Ecole de guerre économique (EGE) à Paris. Dans ce cas précis, le problème n’est pas tant l’acquisition de l’information, mais comment on tente de déstabiliser une entreprise, une institution, un Etat, par la publication de cette information. Pour DCNS, la lecture la plus simple est que cette fuite constitue constitue des représailles à son succès économique. Mais dans ce genre d’affaires, il y a toujours un jeu de brouillage de cartes”.

Pour le Suisse Alain Mermoud, expert en sécurité membre de l’armée helvète, “ce n’est pas la volumétrie des documents qui ont fuité qui compte, mais le timing. Il y a eu des jalousies sur cette vente de sous-marins, et vu le niveau de sécurité dans l’armement, l’humain est souvent le maillon faible”. Pour ce spécialiste en intelligence économique, il ne faut pas forcément y voir une attaque d’Etat à Etat, “ce peut aussi être le fait de lobbyistes qui naviguent dans le secteur. Dans ce genre de contrats, il y a beaucoup d’intermédiaires”.

Toujours est-il que le mal est fait. Engagé dans un cercle vertueux avec la vente des Rafale, du Mistral et des sous-marins, l’armement français a certainement mangé son pain blanc. “C’est un énorme coup dur”, explique même un observateur du secteur. Pour DCNS, ces révélations ne signifient pas la fin du “contrat du siècle” mais devraient perturber les négociations exclusives qui se tiennent entre les deux pays jusqu’à l’hiver prochain sur les modalités de la transaction.

“Soit on revoit le prix, soit on négocie des unités en plus, soit l’Australie demande des compensations comme davantage de transferts de technologie. Dans tous les cas, la position française sera fragilisée dans les futures négociations. Ce qui était probablement l’effet final recherché par ces fuites coordonnées dans le temps et dans l’espace”, résume le suisse Alain Mermoud. La France vient bel et bien d’être frappée sur le terrain financier. “Nous sommes en guerre économique, tout le monde le sait”, déplore une source chez DCNS.

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Contribution CRITIS 2016 : two articles

The 11th International Conference on Critical Information Infrastructures Security

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CRITIS 2016 continues the tradition of presenting innovative research and exploring new challenges in the field of critical (information) infrastructures protection (C(I)IP) and fostering the dialogue with stakeholders. CRITIS 2016 aims at bringing together researchers and professionals from academia, industry and governmental organisations working in the field of the security of critical (information) infrastructure systems.

As in previous years, invited speakers and special events will complement a programme of original research contributions. The conference invites the different research communities and disciplines involved in the C(I)IP space, and encourages discussions and multi-disciplinary approaches to relevant C(I)IP problems.

This year’s edition of CRITIS will be hosted in Paris, France by the International Union of Railways (Union Internationale des Chemins de fer – UIC) – the worldwide professional association representing the railway sector and promoting rail transport.

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Revue Militaire Suisse (RMS) : Intelligence Economique & LRens

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Interview for swissinfo.ch : Terror convicts’ release puts Switzerland in a bind

The first of three men convicted this year of plotting a terror attack in Switzerland has just been ordered released from prison. What happens next?

Alain Mermoud, an intelligence advisor for Swiss Armed Forces, sees three possible outcomes: the three men could be deported to Iraq; more evidence could be found to keep them behind bars; or authorities could release them into Switzerland under surveillance.

“Who wants to take terrorists back? Nobody. So the probability is low that they will be deported,” he said. Switzerland does not have an extradition treaty with Iraq, he added, nor is it a “safe country” to which people can be sent back without threat of their lives being in danger.

In addition, Mermoud said, there is a lack of legal basis for adding more time to the men’s sentences. Which is why “the highest probability is that they will be set free”, he said.
“They have paid their debt to society, that’s the idea we have in our law,” said Mermoud. “But we need to keep an eye on them.”

But how?
Switzerland permits the intelligence service to keep an eye on individuals through electronic means if there is reason to believe that they could pose a threat to national security.
Although convicts are considered legally rehabilitated after they serve their sentences, “that doesn’t mean they can’t still pose a security threat,” said Isabelle Graber, who heads communications for the Federal Intelligence Service (FIS).

“The FIS can carry out surveillance on people who pose a threat to Switzerland during or after their sentences, depending on individual cases,” she told swissinfo.ch.
Self-policing

Whereas other European countries have used electronic bracelets to keep track of high-risk individuals, Switzerland does not allow for it. Mermoud argues this is why a new intelligence law is badly needed: because it would give FIS extended surveillance capabilities.

Last year, parliament approved that law to give intelligence services more ways to monitor private communications. Swiss voters will have the final say this coming September.

In the meantime, the Swiss intelligence adviser thinks that the authorities will have to “think outside the box”, maybe even turning to self-policing to engage neighbours and communities.

“The government could pay informants to keep an eye on them – the stereotype is the old lady behind the curtain, but it may be the best possibility we have,” he said, emphasising that this merely an idea, and not Swiss government policy.

His personal preference, he said, would be that “they leave the country on their own and have some incentive to do so.” He did not elaborate on what those incentives could be.

Terror sentencing – a European dilemma
The question of how to deal with convicted terrorists has become a burning issue across Europe, where the average prison sentence for acts of terrorism among EU member states was six years in 2014, according to Europol – down from 10 in 2013.

“Despite aggressive intelligence work and strong anti-terror laws, European terrorists often serve less than ten years for offences that would carry terms of 20 years to life in the United States,” journalist Sebastian Rotella reported in an article for ProPublica on what he called “Europe’s revolving-door prisons”.


Growing pains

All of that puts authorities into even more of a bind when it comes to dealing with terror convicts.
Switzerland has its own special challenges. Merging the country’s international affairs and strategic intelligence services back in 2010 has resulted in a clash of legal frameworks, said Schori Liang.

“At the same time, Swiss authorities are monitoring social media activity of about 400 possible terrorists who might pose a security threat,” she said. “The number is always increasing and eventually it will be difficult to keep up the pace.”
Mermoud agrees that Switzerland’s existing structures – especially the fact that each canton’s authorities work autonomously – “can be a bit of an obstacle” when it comes to communicating and fighting terror threats.

On the question of dealing with released terror convicts, however, Mermoud said he is “confident that the Swiss will find a Swiss compromise – nothing extreme, with some surveillance; something in the middle.”

What considerations do you think need to be made when sentencing those found guilty of planning terror attacks? Have your say in the comments.

Source: Terror convicts’ release puts Switzerland in a bind – SWI swissinfo.ch

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Haro sur le big data – Interview pour La Liberté

Le rachat de LinkedIn par Microsoft démontre l’insatiable appétit pour les données personnelles.

Source: Haro sur le big data – La Liberté

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L’Intelligence Economique: du renseignement militaire au renseignement privé

Lors du dernier höheren Stabsoffiziere (HSO) Seminar, Dimitri Percia David et Alain Mermoud – tous deux collaborateurs scientifiques à la chaire Economique de Défense de l’ACAMIL, et doctorants en systèmes d’information à HEC Lausanne – ont tenu une conférence sur l’intelligence économique: du renseignement militaire au renseignement privé. Au travers de cet article, il s’agit de présenter un bref résumé de ce qui a été développé devant les officiers généraux.

Contrairement à l’espionnage industriel, l’intelligence économique (IE) collecte, traite et diffuse des informations utiles aux acteurs économiques uniquement par des moyens légaux. On peut résumer cette démarche sous la forme d’une équation :

compétences + information = décision + actions

La définition la plus simple de l’IE est : la bonne information, à la bonne personne, au bon moment, et d’une manière sûre. L’IE repose sur trois piliers fondamentaux : la veille, la protection, l’influence.

  1. La veille peut être active ou passive (défensive) et se focaliser sur l’aspect stratégique, juridique, sociétale, ou concurrentielle de l’entreprise. Il s’agit ici de structurer une démarche prospective pertinente qui puisse servir à orienter la décision et l’action. La veille repose sur le cycle du renseignement bien connu des militaires : (a) analyse des besoins, (b) collecte, (c) exploitation, (d) diffusion.
  2. La protection du patrimoine informationnel englobe les stratégies de produits, les savoir-faires, les compétences, la propriété intellectuelle, les brevets, la réputation, la technologie, les processus de production, etc. En termes militaires, on parle aujourd’hui de force protection (FP).
  3. L’influence consiste à diffuser des informations ou des normes de comportement et d’interprétation favorisant la position stratégique de l’entreprise à long terme. Les relations publiques et le lobbying permettent également d’exercer une communication d’influence afin de protéger et d’améliorer la réputation de l’entreprise. En termes militaires, on parle de PSYOP et en diplomatie de soft/smart power.

L’IE fait partie du renseignement de défense et du renseignement d’intérêt militaire, avec, pour ne citer qu’un exemple, le renseignement scientifique. L’IE peut également être implémentée au niveau d’un Etat. En janvier 2016, le gouvernement français a par exemple créé un commissaire et un service de l’information stratégique et de la sécurité économique. Cette politique publique relative à l’intelligence économique vise en particulier à renforcer la protection et la promotion des intérêts économiques, industriels et scientifiques fondamentaux de la nation, ainsi qu’à assurer les moyens de la souveraineté économique de la France. La France possède également une Ecole de Guerre Economique, dont Alain Mermoud est un alumni.

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L’information c’est le pouvoir ! Thomas Hobbes l’écrivait déjà dans le Léviathan au XVIIème siècle. Ce qui est toutefois plus récent, c’est l’émergence d’une société de l’information, une société de la connaissance où les technologies de l’information jouent un rôle fondamental. Les USA ont compris depuis fort longtemps que dans une société de la connaissance, le renseignement est ce que le pétrole était à la société industrielle, c’est-à-dire le principal carburant du moteur à explosion, et donc de la croissance. On peut aujourd’hui parler d’un complexe militaro- numérique. Edward Snowden a révélé que les USA avaient adopté déjà dans les années 1980 une stratégie visant à allier intérêts économiques, intérêts du renseignement, et intérêts militaires. D’ailleurs, le réseau Internet à une origine militaire (ARPANET).

En comparaison, la Suisse et ses entreprises ont un retard considérable en matière d’IE. Une véritable stratégie d’IE pourrait permettre à la Suisse de devenir un Etat stratège et de mieux anticiper – pour ne pas se laisser surprendre – des dénouements politiques tels que celui du au secret bancaire ou encore des fonds en déshérences. Par ailleurs, une politique de souveraineté numérique permettrait d’avoir d’avantage d’emprise sur nos réseaux informatiques, colonne vertébrale de notre économie. En fin de compte, il est crucial de rappeler que la souveraineté est la condition sine qua non de notre liberté politique et sociale. De plus, si « l’on fait la guerre comme on produit des richesses » (Bernard Wicht), les conflits futurs seront avant tout des conflits qui se cristalliseront autour de l’information, de ses systèmes et de ses réseaux.

En conclusion, les deux économistes et officiers de milice ont relaté leurs expériences personnelles dans l’industrie, et notamment les opérations d’influences réalisées afin de valoriser la formation militaire auprès de leurs employeurs et des décideurs de l’économie. En effet, l’IE est un outil qui peut également servir, comme le système de milice, de vecteur du transfert de connaissances entre la sphère militaire et la sphère civile.

Dimitri Percia David, Alain Mermoud

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Intelligence Economique: von der militärischen zur privaten Nachrichtenbeschaffung

Dimitri Percia David und Alain Mermoud – beide wissenschaftliche Assistenten an der Dozentur Militärökonomie und Doktoranden an der HEC Lausanne im Bereich Informationssysteme – haben kürzlich an einem HSO-Seminars einen Vortrag gehalten über Intelligence Economique (Marktbeobachtung, Wettbewerbsanalyse und Strategieplanung) mit dem Titel: von der militärischen zur privaten Nachrichtenbeschaffung. Im vorliegenden Artikel werden die Hauptpunkte der Ausführungen nochmals dargelegt.

Im Gegensatz zur Industriespionage hat die Intelligence Economique (IE), auf Englisch Competitive Intelligence (CI), zum Ziel, auf ganz legalem Weg Informationen zugunsten von Wirtschaftsakteuren zu beschaffen, auszuwerten und zu verteilen. Dieser Ansatz lässt sich in einer Formel wie folgt zusammenfassen:

Kompetenz + Information = Entscheidung + Handlungen

IE lässt sich auch wie folgt definieren: Die richtige Information am richtigen Ort, am richtigen Zeitpunkt und in der nötigen Sicherheit. Die IE stützt sich auf drei Hauptpfeiler: Beobachtung, Schutz, Einflussnahme.

  1. Die Beobachtung kann aktiv oder passiv (defensiv) sein und sich auf strategische, juristische, gesellschaftliche oder wettbewerbliche Aspekte eines Unternehmens beziehen. Es geht darum, angemessene Schritte, die als Entscheidungs- und Handlungsgrundlagen dienen können, für künftiges Handeln zu strukturieren. Die Beobachtung erfolgt nach dem nachrichtendienstlichen Zyklus, wie er im Militär bekannt ist: a) Bedürfnisanalyse, (b) Beschaffung, (c) Auswertung, (d) Verteilung.
  2. Der Schutz der Informationsgrundlagen betrifft die Produktestrategien, das Know-how, die Kompetenzen, das intellektuelle Eigentum, die Patente, das Ansehen, die Produktionsprozesse etc. Militärisch würde man heute von Force Protection (FP) oder Eigenschutz sprechen.
  3. Die Einflussnahme besteht in der Weiterverbreitung von Informationen oder von Verhaltens- und Auslegungsnormen, welche die strategische Position eines Unternehmens langfristig stärken. Auch Öffentlichkeitsarbeit und Lobbying erwirken eine Kommunikation der Einflussnahme, um den Ruf eines Unternehmens zu schützen und zu verbessern. Im Militär spricht man von PSYOP, in der Diplomatie von soft/smart Power.

Die IE gehört zum militärischen Nachrichtendienst genauso wie zum Beispiel der wissenschaftliche Nachrichtendienst. Die IE kann auch auf militär-strategischer Ebene umgesetzt werden. So schuf zum Beispiel die französische Regierung im Januar 2016 ein Kommissariat und eine Dienststelle für strategische Informationen und wirtschaftliche Sicherheit. Diese öffentliche Politik bezüglich IE zielt insbesondere darauf ab, den Schutz und die Förderung von wirtschaftlichen, industriellen und wissenschaftlichen Interessen der Nation zu verstärken und die Mittel für die wirtschaftliche Souveränität Frankreichs sicherzustellen. Frankreich hat übrigens auch eine Schule für Wirtschaftskrieg (Ecole de Guerre Economique), an der Alain Mermoud studiert hat.

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Wissen ist Macht! Das hat Thomas Hobbes in seinem Leviathan schon im XVII. Jahrhundert geschrieben. Neueren Datums jedoch ist das Entstehen einer Informationsgesellschaft, einer Wissensgesellschaft, in der die Informationstechnologien eine tragende Rolle spielen. Die USA haben schon lange begriffen, dass Information für die Wissensgesellschaft das ist, was Erdöl für die Industriegesellschaft war, nämlich Treibstoff für den Verbrennungsmotor und folglich auch für Wachstum. Man spricht heute von einem militär-digitalen Komplex. Edward Snowden hat aufgedeckt, dass die USA schon in den 1980er Jahren eine Strategie entwickelt hatten mit dem Ziel, wirtschaftliche, nachrichtendienstliche und militärische Interessen zu verknüpfen. Im Übrigen ist bekannt, dass das Internet aus dem militärischen Bereich kommt (ARPANET).

Im Vergleich zu den beiden Ländern weisen die Schweiz und ihre Unternehmen einen beträchtlichen Rückstand in Sachen IE auf. Eine wirkliche Strategie der IE könnte der Schweiz strategische Fähigkeit bringen, mit denen sie besser gewappnet wäre, unerwartete politische Ausgänge wie bezüglich Bankengeheimnis oder nachrichtenlosen Vermögen vorauszusehen. Eine Politik der digitalen Souveränität gäbe der Schweiz übrigens auch mehr Einfluss auf unsere Informatiknetze, welche das Rückgrat unserer Wirtschaft bilden. Schliesslich darf man nicht vergessen, dass die Souveränität eine unerlässliche Bedingung unserer politischen und gesellschaftlichen Freiheit ist.  Wenn man zudem „Krieg führt, wie man Reichtum erzeugt“ (Bernard Wicht), werden die künftigen Konflikte mehrheitlich Konflikte sein, die sich um Information, Informationssysteme und Informationsnetze kristallisieren.

Abschliessen haben die zwei Wirtschaftswissenschaftler und Milizoffiziere über ihre persönlichen Erfahrungen in der Industrie gesprochen sowie über ihre erfolgreichen Bemühungen, das Bild der militärischen Kaderausbildung bei Arbeitgebern und bei wirtschaftlichen Entscheidungsträgern aufzuwerten. Tatsächlich ist die IE – wie das Milizsystem – ein Werkzeug, das als Mittel des Wissenstransfers zwischen dem militärischen und dem zivilen Bereich dienen kann.

Für weitere Informationen: swiss-intelligence.info bietet eine tägliche Presseschau über Intelligence Economique in der Schweiz an.

Dimitri Percia David, Alain Mermoud

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“Quelqu’un se prépare à détruire Internet”

Le spécialiste de la cybersécurité Bruce Schneier a posté un article alarmiste sur son blog, des menaces pèseraient sur les structures de l’internet.

http://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-numerique/quelquun-se-prepare-detruire-internet

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Lutter contre la manipulation – Le Temps

La raison des lobbies est-elle toujours la meilleure? C’est la question que se posent deux experts engagés dans le champ politique suisse, René Longet et Laurent Jospin.

Source: Lutter contre la manipulation – Le Temps

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Philippe Rebord dirigera l’Armée suisse

Le nouveau chef de l’Armée sera romand. Le Conseil fédéral a nommé vendredi le divisionnaire Philippe Rebord, originaire de Bovernier (VS) et de Lausanne, à ce poste, où il succédera le 1er janvier au commandant de corps André Blattmann, qui prendra sa retraite à fin mars 2017.

Né le 22 avril 1957, Philippe Rebord ne sera que le troisième Romand à occuper cette fonction. Avant lui, et hormis le cas particulier du général Guisan durant la Deuxième guerre mondiale, seuls Christophe Keckeis (entre 2003 et 2007) et Louis de Montmollin (entre 1945 et 1957, qui portait alors le titre de chef de l’Etat-major général) ont dirigé l’armée.

Le divisionnaire Rebord est licencié ès lettre de l’Université de Lausanne et est domicilié à Lucerne. Il y dirige la Formation supérieure des cadres de l’armée depuis 2014. Il est également le remplaçant du chef de l’Armée André Blattmann depuis cette année.

Source: Philippe Rebord dirigera l’Armée suisse – Le Temps

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Agenda : Conférence « Les cyberrisques en Suisse 2016 » 26.10.2016

Le 27 juin 2012, le Conseil fédéral a approuvé la stratégie nationale de protection de la Suisse contre les cyberrisques (SNPC) et le 15 mai 2013 le plan de mise en œuvre. Ces documents prévoient seize mesures, dont les travaux devraient être achevés d’ici fin 2017. Le comité de pilotage de la SNPC soumet au Conseil fédéral un rapport annuel sur l’avancement des travaux. Les activités fondées sur la SNPC qui visent la protection contre les cyberrisques doivent être réexaminées périodiquement, adaptées à l’évolution de la menace et poursuivies au-delà de l’année 2017. Afin d’examiner l’efficacité des différentes mesures, une analyse d’impact a été créée en 2016.

Le but de la journée SNPC de cette année est de communiquer une vue d’ensemble de l’état actuel de la mise en œuvre des mesures SNPC, de la cybercoopération nationale et des travaux des Swiss Cyber Experts ainsi que de présenter les mesures prises par l’administration et l’économie visant à réduire les cyberrisques. Les premiers résultats de l’impact d’analyse SNPC, qui seront soumis au Conseil fédéral au printemps 2017, seront également présentés.

Mercredi, 26 octobre 2016
Stade de Suisse, Berne

Source: Conférence « Les cyberrisques en Suisse 2016 »

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Secret service reforms: ‘essential to combat modern threats’

The proposed reforms to the Swiss secret service are urgently needed in order to give the agency effective tools to counter threats like terrorism.

Source: Secret service reforms: ‘essential to combat modern threats’ – SWI swissinfo.ch

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