La Suisse est démunie contre l’obsolescence programmée

Le monstre de l’obsolescence programmée

Un ingénieur anonyme qui découvre qu’une multinationale dégrade volontairement les performances de ses appareils, vendus à des dizaines de millions d’exemplaires par an sur la planète. L’image est parfaite : impossible de trouver un cas d’obsolescence programmée plus flagrant. D’autant que le fabricant – Apple – admet ses torts. L’affaire de ces derniers jours permet à la colère contre ces fabricants qui limitent la durée de vie de leur produit d’atteindre un point culminant.

Mais l’histoire n’est pas si simple. Si cette colère est légitime, elle est en réalité le fruit d’un mélange complexe de responsabilités. Prenons l’affaire des iPhone ralentis. Apple clame que c’est pour le bien des consommateurs, car ce ralentissement des performances permet d’allonger la durée de vie de la batterie. L’argument est terriblement alambiqué. Mais il a tout de même une once de crédibilité. Il sera extrêmement difficile pour la justice française – qui vient de se saisir de ce cas – d’établir la vérité. Sauf si un collaborateur d’Apple vend la mèche ces prochains mois ou années, ce seront toujours deux versions de l’histoire qui s’affronteront.

Source : Le Temps

La Suisse et l’obsolescence programmée

En Suisse, comment les consommateurs peuvent-ils se défendre? «Les Français ont la chance d’avoir, depuis 2015, une loi interdisant l’obsolescence programmée. Hélas, rien de tout cela n’existe en Suisse. Nous avions fait pression, avec d’autres associations de défense des consommateurs, pour que le Conseil fédéral légifère à ce sujet. Mais il a jusqu’à présent préféré ne rien faire, arguant qu’il était de toute façon très difficile de définir la durée de vie d’un objet», regrette Sophie Michaud Gigon, secrétaire générale de la Fédération romande des consommateurs (FRC).

En se basant sur la loi contre la concurrence déloyale, la FRC a la qualité pour déposer plainte. Mais dans l’affaire Apple, il y a encore des paramètres à analyser. «Le fait qu’il n’y ait pas d’antenne de la société en Suisse complique notre action. Nous avons sollicité notre partenaire européen, le Bureau européen des unions de consommateurs, pour savoir ce qui peut être entrepris à plus large échelle», indique Sophie Michaud Gigon.

Source : Le Temps

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