Objets connectés et guerre de l’information

Les objets connectés – des estimations nous en promettent 30 milliards pour 2020 – posent d’évidents problèmes de sécurité :

Un objet connecté réunit quatre caractéristiques particulières, tout en continuant à remplir ses anciennes fonctions triviales (transporter, mesurer, chauffer, recouvrir, etc.)

– Il capte des informations (qui sont à la fois des données susceptibles d’être stockées et traitées, et des « nouvelles » en ce sens qu’elles reflètent des changements instantanés.

– Il traite ces informations en fonction d’algorithmes (ou elles sont traitées par le système auquel il est relié) ; il se livre donc à des opérations de calcul qui se formulent souvent comme des propositions adressées à un être humain (qu’il s’agisse d’aller acheter du lait ou de diminuer son rythme de course).

– Il fait ou il prend des décisions comme de changer un réglage.

– Il communique, puisqu’il est en relation avec Internet donc potentiellement avec un univers de traitement et diffusion d’une quantité inimaginable de données.

Ces caractéristiques sont à évaluer en fonction des trois types de stratégies offensives que permet ou que favorise le numérique : acquisition de données confidentielles d’une victime (espionnage ou surveillance), perturbation de systèmes ciblés (sabotage, paralysie…) et enfin action sur le cerveau humain et sur ses croyances (illusions,propagande, manipulation…)

Si nous tentons maintenant de croiser les deux grilles, nous devons tenir compte que les objets connectés, du fait de leur conception, de leur faible prix, de leur nouveauté, de leur modestie apparente, etc sont a priori moins bien sécurisés ou font l’objet de moins de précautions que des ordinateurs, par exemple, dont tout le monde pense qu’ils peuvent faire l’objet de cyberattaques.

Source : huyghe.fr

Comment la numérisation aide les PME

La numérisation est aujourd’hui un monde infini, riche en technologies en plein essor: l’intelligence artificielle, l’internet des objets, la blockchain ou encore la réalité virtuelle et augmentée. Les PME ont tout intérêt à en prendre conscience, «et ce serait une grossière erreur, pour une entreprise, de ne pas s’y intéresser, car la numérisation va toucher tout le monde», a averti Philippe Leuba, conseiller d’Etat et chef du Département de l’économie du canton de Vaud.

Cet ensemble de technologies peut améliorer sensiblement l’efficacité des PME. Et, pour leurs responsables, il suffit d’étudier les solutions proposées dans la région. «Le temps où nous nous rendions dans la Silicon Valley en baissant les yeux est terminé. En Suisse, nous sommes à la pointe dans plusieurs domaines, dont celui des objets connectés», affirme José Demetrio, cofondateur et directeur de Geosatis (Lausanne), spécialisée dans les bracelets connectés pour prisonniers.

Source : Le Temps

L’EPFL se rapproche des petites et moyennes entreprises

Depuis 2005, l’EPFL accompagne les PME tout au long de leur processus de digitalisation. Le service Alliance, soutenu par l’ensemble des cantons romands et le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) met en relation la PME avec un partenaire académique pour développer un projet d’innovation. «Notre véritable impact est de contribuer à la révolution mentale des entreprises, explique Roland Luthier, responsable de l’unité PME d’Alliance. Elles doivent essayer de nouvelles choses, s’ouvrir sur l’extérieur, se décloisonner.»

Alliance a donc mis sur pied une véritable task force au service des PME désireuses de jouir des compétences de l’EPFL. Le premier volet vise à aider les entreprises à déposer une demande de projet à la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI), désormais rebaptisée Innosuisse. Ces projets d’innovation sur le moyen terme sont développés conjointement par la PME et l’EPFL. L’autre volet touche le recrutement. L’EPFL, c’est des centaines de diplômés par année et des dizaines de milliers d’anciens étudiants. Or, ces cerveaux passent parfois entre les mailles de PME en recherche de talents. L’objectif revient à construire des ponts entre les entreprises et la haute école, et ainsi favoriser le recrutement.

Rien ne sert d’investir dans les savoirs si ceux-ci ne bénéficient pas à l’économie. L’EPFL a bien compris cet enjeu. Elle s’efforce dès lors depuis des années de créer des ponts entre les diplômés de l’école et les entreprises. Selon les statistiques de la haute école, la moitié des étudiants occuperont un poste à responsabilité dans une PME. «L’EPFL forme des ingénieurs de pointe dans les domaines de la science et de la technologie, commente Philippe Ory, directeur du Centre de carrière de l’EPFL. Nous voulons encourager les employeurs à puiser dans nos étudiants à travers plusieurs services.»

Source : Le Temps

Le canton de Vaud rassemble les acteurs du digital

La digitalisation est omniprésente et transforme le fonctionnement des petites, comme des grandes entreprises. Le canton de Vaud veut rassembler ses acteurs dans le domaine du numérique. Il lance pour cela vaud.digital, une plateforme en ligne dont le but est de rendre visible ces entreprises, affirme Patrick Barbey, directeur d’Innovaud.

Sur la plateforme en ligne, deux manières de filtrer les entreprises existent: par industrie ou par technologie. La recherche peut mener à des entités actives dans le domaine de l’immobilier, mais il est aussi possible de trouver les entités qui utilisent la blockchain par exemple. “Nous espérons bien sûr que les entreprises vont mettre à jour leur fiches régulièrement” ajoute Patrick Barbey. Innovaud, gestionnaire de la plateforme, aura le dernier mot sur la création des fiches. Être un créateur de sites web ne suffit pas pour intégrer la plateforme. “Nous préférons nous focaliser sur ceux qui aident véritablement à la transformation digitale” précise le directeur d’Innovaud.

Source : Bilan

Qui va profiter de l’économie des données ?

Il est maintenant possible – et rentable – d’investir dans l’économie des données, c’est-à-dire dans les activités exploitant les data récoltées par une multitude d’objets de notre quotidien. Dans un rapport dévoilé mardi, Morgan Stanley donne des conseils d’investissement, nommant les entreprises qui devraient le plus en bénéficier. Sur les 12 secteurs analysés dans cette étude, Le Temps a retenu des exemples dans trois secteurs: l’automobile, la banque et la santé.

L’économie des données atteint un niveau de maturité grâce à l’apparition simultanée de l’internet des objets, de l’intelligence artificielle, de la réalité virtuelle et de l’automatisation. Les data récoltées sont plus facilement transformées en source potentielle de revenus.

Dans le secteur automobile, les valeurs préférées de Morgan Stanley sont Continental (leader des capteurs pour la conduite autonome), l’indien Maruti Suzuki India Limited (pour sa capacité à «monétiser» des données), Hyundai, Ford, Fiat Chrysler et le spécialiste de l’intérieur des voitures Adient.

Dans le secteur bancaire, parmi les banques cotées, Credit Suisse fait partie des établissements affichant le plus de potentiel d’amélioration, et donc de progression pour le cours de son action. La deuxième banque du pays est devancée de peu par UBS dans ce classement.

Enfin, dans le secteur de la santé, Roche, Pfizer, AbbVie ou Merck font partie des valeurs préférées de Morgan Stanley. Ce domaine fait l’objet d’un affrontement entre les géants des nouvelles technologies et les fournisseurs de services pour les hôpitaux. Chantier d’envergure, l’intelligence artificielle et le machine learning permettront d’analyser les données des dossiers médicaux des patients, qui sont encore très majoritairement non structurées.

Source : Le Temps

Les objets connectés, risque ou opportunité ? – Me Sylvain Métille

Le texte suivant est extrait du blog de Me Sylvain Métille :

“Les objets connectés apportent nombre de nouvelles opportunités. Malheureusement, ils sont trop souvent conçus et déployés sans prendre en compte les principes de base de sécurité et de protection des données. Par ignorance, par économie ou par gain de temps, ils font courir des risques importants à leurs utilisateurs.

Ces objets ne sont plus déconnectés et indépendants, mais ce sont désormais des ordinateurs et des logiciels informatiques connectés à des réseaux externes. Ils devraient être traités comme tels et sécurisés. C’est rarement le cas et ils sont exposés aux virus, failles de sécurité, prises de contrôle à distance et autres vulnérabilités. La durée d’utilisation d’un réfrigérateur connecté pourrait bien dépasser largement celle des mises à jour du logiciel qu’il contient. Si ce logiciel est corrompu, le réfrigérateur ne pourra causer directement que des dégâts limités, mais il sera en revanche une porte d’entrée sur l’ensemble du réseau auquel il est connecté (réseau privé ou Internet), ce qui crée alors un risque de sécurité important. Cela ne concerne plus seulement quelques infrastructures techniques complexes, mais n’importe quelle maison ou appartement.

En Suisse, aucune mesure n’a été prise. Le Conseil fédéral considère que les jouets connectés doivent notamment respecter la Loi fédérale sur la protection des données (LPD), l’Ordonnance du DFI sur la sécurité des jouets (OSJo) et l’Ordonnance sur les installations de télécommunication (OIT). L’écoute et l’enregistrement de conversations peut en outre être constitutif d’une infraction pénale (art. 179ter ss CP).”

Vous pouvez lire le texte complet sur le blog de Me Sylvain Métille

 

La confiance : enjeu principal de la numérisation

Piratage, vol de données, spamming, pas une journée sans qu’un incident lié à la cybersécurité soit rapporté par les médias. La cybercriminalité touche aussi bien les Etats que les entreprises et les particuliers. Elle est de plus en plus sophistiquée et coûte à l’ensemble de la société. L’interconnexion des réseaux et la multiplication des objets connectés créent en effet de nouvelles vulnérabilités. La question de la cybersécurité, comme celle de la protection des données, illustre bien à quel point la confiance dans les infrastructures numériques et entre les individus, les entreprises et l’Etat est cruciale. On a coutume de dire que les données sont le carburant de la numérisation, mais la confiance en est l’indispensable courroie de transmission. C’est un enjeu croissant pour toutes les parties prenantes à la numérisation.

Les entreprises développent aujourd’hui des produits au plus près des attentes de leurs clients et l’accent est mis sur l’expérience du consommateur. Cela est rendu possible par la collecte, le traitement et le transfert d’importants volumes de données – et notamment de données personnelles. Ces dernières doivent donc être protégées. Car si les entreprises ne sont pas en mesure de garantir cette sécurité, la confiance du consommateur s’érode rapidement. Il en est de même pour la relation entre le citoyen et l’Etat, puisque les administrations sont, elles aussi, de plus en plus numérisées.

Coopération et responsabilisation sont donc essentielles pour agir plus efficacement. Il s’agit de processus d’apprentissage graduels et permanents. Dans un environnement de plus en plus numérique, nous avons besoin d’une valeur profondément humaine qui reste la confiance en l’autre. La Suisse a des atouts pour rester à la pointe de l’innovation et opérer le passage au numérique avec succès, à condition de ne pas oublier que l’union fait la force.

Source : Le Temps